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Qu’est-ce que l’hygiène hospitalière ? A quoi sert-elle ?

L’hygiène est l’ensemble des comportements permettant de maintenir l’individu dans un état de propreté et de bonne santé. L’hygiène hospitalière est une branche spécifique de l’hygiène qui met en place des moyens et des stratégies pour diminuer l’acquisition et la transmission des infections à l’hôpital.

L’hôpital est un endroit où se concentrent de nombreuses bactéries pathogènes (à savoir, « ce qui provoque une maladie, en particulier un germe capable de déterminer une infection » – Source : Larousse), ou infectieuses, pour l’homme, contrairement au domicile où peu de bactéries sont virulentes. Une infection est dite nosocomiale quand elle survient au cours d’une hospitalisation. Ce type d’infection est un événement indésirable qui peut survenir lors de la dispensation des soins donnés aux patients. Elle survient également plus facilement chez un patient dont l’état général est altéré.

Tout doit être mis en oeuvre pour l’éviter. L’hygiène hospitalière met donc en place des précautions à prendre pour éviter la transmission des infections au sein d’un établissement de soins. Des mesures strictes sont donc appliquées à l’hôpital.

Pour une personne en bonne santé, ces mesures particulières ne sont pas nécessaires dans la vie de tous les jours car chez soi, les bactéries présentes sont inoffensives.

Qui est concerné ?

À l’hôpital, tout le monde est concerné par l’hygiène : le personnel soignant bien évidemment, le personnel qui assure la logistique ainsi que les patients et les visiteurs.

Des règles spécifiques d’hygiène hospitalière sont destinées à tous les professionnels gravitant autour du patient et de son environnement : techniciens de surface, médecins, infirmiers, paramédicaux, aides-soignants, étudiants…

Face à l’hygiène hospitalière, nous sommes TOUS concernés !

Comment puis-je y contribuer ?

Le point commun à toutes les règles d’hygiène est la pratique de l’hygiène des mains lors des gestes de la vie courante (aller aux toilettes, manger, se moucher…) et lors des visites auprès d’un patient hospitalisé.

Cette hygiène des mains se fait à l’eau et au savon ou en utilisant les produits hydro-alcooliques mis à disposition partout dans nos institutions.

En effet, l’hygiène des mains est la mesure la plus efficace dans la prévention des infections associées aux soins et la transmission de micro-organismes multi-résistants. Depuis plus de dix ans, des campagnes nationales de promotion de l’hygiène des mains sont organisées par le SPF Santé Publique.

Les patients et leur entourage sont invités à parler au personnel soignant d’hygiène des mains. Ils sont également invités à se laver les mains au bon moment et avec la bonne technique.

Si vous souhaitez en apprendre davantage sur l’hygiène des mains, nous vous invitons à consulter le site du SPF Santé Publique via ce lien :

https://www.health.belgium.be/fr/sante/prenez-soin-de-vous/influences-de-lenvironnement/hygiene-des-mains

Non-respect des mesures d’hygiène hospitalière : quelles conséquences ?

Les conséquences du non respect de l’hygiène hospitalière peuvent être graves pour les patients fragilisés par leurs maladies et par les dispositifs médicaux dont ils sont équipés.

Une infection bénigne chez une personne en bonne santé peut être dramatique chez un patient affaibli.

La bonne pratique de l’hygiène des mains par tous les intervenants est essentielle, de même que le respect des consignes dispensées par les équipes soignantes (patient en chambre seul où le port de blouse et masque est préconisé, nourriture contrôlée pour ne pas apporter des bactéries pathogènes…).

L’équipe d’hygiène hospitalière met tout en oeuvre pour limiter la propagation des bactéries au sein de l’environnement du patient.

Il est donc capital de respecter ces mesures afin que le séjour du patient, de votre proche, ne se prolonge…

En effet, environ 7% des patients développent une infection au cours de leur séjour à l’hôpital. Ces infections prolongent la durée d’hospitalisation de quatre jours en moyenne.

Concrètement, comment veille-t-on à son respect ?

Chaque équipe opérationnelle d’hygiène hospitalière (composée de médecins et d’infirmiers spécialisés dans ce domaine) doit rédiger une stratégie avec des objectifs précis à atteindre pour favoriser l’application des règles d’hygiène dans son hôpital.

Cette équipe de terrain établit des rapports écrits qui sont soumis au Comité d’Hygiène Hospitalière. Dans ce comité, différentes fonctions « clés » sont représentées : directeurs, médecins, infirmières, pharmaciens, microbiologistes…

Au quotidien, cette équipe opérationnelle :

  • donne des avis (par exemple, lors de travaux dans l’hôpital), rédige des recommandations et des
  • procédures (par exemple, le chirurgien doit porter un masque pour opérer, l’infirmière doit
  • désinfecter le matériel qui a été utilisé pour un patient) ;
  • aide d’autres secteurs à prendre des décisions (par exemple, pour le nettoyage, la stérilisation, l’alimentation…) ;
  • organise la surveillance des infections associées aux soins ;
  • évalue la qualité des soins en réalisant des audits ;
  • surveille l’apparition d’épidémies à l’hôpital ;
  • organise des formations continues pour le personnel de l’hôpital ;
  • répond à des demandes d’avis ou de documentation.

Pour accomplir leur mission, les personnes chargées de l’hygiène (les «hygiénistes» au sens large) :

  • organisent une surveillance des infections associées aux soins qui sont enregistrées puis analysées ;
  • gèrent avec les équipes soignantes les épidémies pour les maîtriser au plus vite ;
  • participent à la mise au point de procédures (ou protocoles) de soins et d’entretien des locaux, des
  • équipements et du matériel de soins («dispositifs médicaux») ;
  • contribuent, avec les qualiticiens et les soignants au sens large, à des évaluations sur la mise en application de ces procédures (ou protocoles) ;
  • réalisent des actions d’information et de formation auprès des différents professionnels de santé ;
  • réalisent des audits pour vérifier que les protocoles sont bien appliqués ;
  • répondent quotidiennement à des demandes d’avis techniques ou de documentation ;
  • informent la direction infirmière et médicale des problèmes rencontrés pour dégager les moyens nécessaire à leur solution.

Sur le terrain et plus concrètement, l’on retrouve quatre axes principaux d’intervention :

  1. le nettoyage et la désinfection de l’environnement du patient (sa chambre, les locaux d’examens, les locaux de soins, les divers locaux de rangement, …)
  2. le nettoyage et la désinfection, ou la stérilisation selon le cas, des équipements et matériels utilisés pour soigner le patient
  3. le nettoyage et l’antisepsie ou la désinfection de certaines parties du corps du patient et la désinfection des mains du personnel de soins avant une intervention médicale ou chirurgicale sur ce patient
  4. la mise en oeuvre de l’asepsie, méthode qui consiste à faire obstacle aux micro-organismes lors des soins et qui a recours aux techniques aseptiques (utilisation de masques, gants stériles, champs stériles…).
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